Artistes
Retour
FELTEN Marc



Biographie

Né le 23 avril 1954 à Strasbourg

Ancien élève de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, créatif publicitaire, Marc Felten peint depuis l'âge de 13 ans.
Son travail s'inscrit certes dans une continuité déconcertante (une progression permanente, sans rupture), mais contrairement à ce que dit l'artiste, exit la tranquillité. L'oeuvre de Felten est violente, mais pour entrer en résonance avec ses rares propos, on préfèrera parler de dynamisme et d'énergie. Si l'on ressent dans le style de l'artiste l'influence des expressionnistes allemands (notamment de Kirschner ou Munch dont on retrouve les visages percés par les états d'âme), sa peinture, à l'instar de Bacon, exprime la force et l'anarchie d'un désir optimiste.

Un " corps " précède l'oeuvre. Marc Felten redécouvre des dessins anatomiques de Carl Toldt. Il les scanne, les retouche, étire et condense de manière aléatoire : c'est la première phase du travail de l'artiste.
Il " intervient " numériquement sur les organes, crânes, troncs, mains, pieds, sexes, du corps humain ou animal et les reproduit sur toile.
Dès lors, le support sur lequel il peint n'est plus la toile, " corps " inerte, mais un corps numérique qui fait apparaître avec force le déroulement organique de la vie.

L'anatomie, qui n'a cessé d'influencer les arts, comme plus généralement l'imagerie médicale actuelle, constitue une approche fondamentale dans la recherche artistique sur le corps. Elle explicite déjà par elle-même les interrogations, les peurs et les interdits relatifs au corps. Elle ramène au visible l'état intérieur (organique) de l'être (humain).
Marc Felten s'approprie l'image anatomique et fonde une représentation de l'homme qui lie la dimension organique au charnel et au spirituel. Il ne déforme pas cette image, il la transforme. Son instinct transforme le corps en objet de désir.
On pourrait assimiler le travail de l'artiste à ce qui a déjà été appelé " l'art médical ", mais Marc Felten révèle et oppose une pulsion de vie et de désir à la vision purement clinicienne et chirurgicale des travaux d'un Damien Hirst ou d'un Gunther Van Hagens où apparaît une obsession de la mort et d'un corps mortel.

Dans une deuxième phase, c'est la peinture, instinctive et dynamique qui vient exprimer ce désir. Les couleurs acryliques, jetées sur la toile, font apparaître le mouvement des fluides : sécrétions, suintements, saignements, le rouge évoque tout cela : quand le corps expurge, il parle, il crie, il vit. Il se dégage une énergie, une aura, concrètement retranscrite par l'apposition des encres sur les organes de sorte que ces derniers ne sont pas que matière. Le cerveau est incarné par le spirituel : il est l'organe de l'âme. Dans ce sens, la couleur, criarde et franche, traduit une exaltation du corps, appareil miraculeusement vivant. Le noir, épais et rond, dessine une enveloppe charnelle, nouvelle, personnelle, sensuelle. Parce que le désir est omniprésent dans l'oeuvre de Marc Felten, le corps y joue le rôle d'un objet convoité : tout s'ordonne autour de l'envie sexuelle. Là où le corps est sexuel, il est marqué par la couleur acrylique et encre (rouge à lèvres, rouge sang, un sang ici sexuel, celui des menstruations, celui qui fait échos au sperme, mais aussi le rose : c'est la peau et la chair, c'est la langue), ou bien exagérément développé (les formes sont phalliques ou foetales). Le résultat évoque La Venus de Willendorf , représentation primitive du corps comme objet de désir sexuel.

Au premier abord, la représentation du corps chez Marc Felten, est macabre, et semble correspondre à la posture contemporaine : le corps qui contient la maladie, les maux ; un corps écartelé, sectionné, sans plus aucune intégrité et totalité.

Il montre la chair, les organes...parce que la nature et l'existence de l'Homme résident dans son fonctionnement organique. Le sang est source de vie et pas de mort.
Toujours ramenés à la réalité organique de la vie, les sujets de Marc Felten expriment un désir de comprendre le corps et l'Homme dans une approche qui ne nie pas la mort, mais la place dans un étonnement total du fonctionnement de la vie et de l'existence.