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LEKLETI Mohamed

Peindre vers plus loin

Biographie

Mohamed LEKLETI est né à Taza(Maroc) en 1965. Il vit et travaille à Montpellier.
DEUG cinéma – Maîtrise d’arts plastiques

La peinture de Mohammed Lekleti nous libère d'une beauté conventionelle pour souligner la frénésir d'un monde fuyant, haletant, galopant où il est urgent de « rester debout envers et contre toutes les occasions de tomber (Paul Klee) ». Ses êtres hybrides, chimères monstrueuses, maladroites, tentent en vain de garder l'équilibre: funambules de l'incertain d'une oeuvre se faisant!
L'artiste recourt à des déformations expressives, à des raccourcis énigmatiques; à cheval ou montées sur de minuscules cycles instables, ses figures monumentales, humaines ou animales, envahissent de leur inquiétante étrangeté, l'espace sensible de l'oeuvre.
La force assurée du graphisme, la charge énergétique des jaillissements spontanés, l'imprévisible qualité du brouillage et de l'effacement renouent avec la conception de l'art d'un DELACROIX. Ne souhaite t'il pas que l'on fasse « des tableaux-esquisses qui auraient la liberté et la franchise du croquis » ?
Même si Mohammed Lekleti ose des performances picturales dans la rue, réalise des oeuvres in situ ou travaille main dans la main avec des poètes, c'est surtout entre la peinture et le graphisme, dans cet entre-deux là que campe et s'affirme l'équilibre plastique d'une pratique de plus en plus gestuelle, de plus en plus audacieuse.
Mohammed Lekleti nous donne à percevoir ce qu'il ressent en lui même, la force, la nature des entraves et handicaps de l'homme aux prises avec sa réelle et dérisoire précarité.

Khalil M'Rabet Université de Provence, Août 2006.


Peindre vers plus loin
La passion première, constante, de LEKLETI est le dessin. Riche de présence animale ou humaine, une force vive rythme ses œuvres.
Travaillant d’abord sur le vide, il ébauche des personnages filiformes. Puis le besoin d’embrasser l’espace en sa totalité le conduit – par déformations et distorsions progressives – à la rondeur des formes, leur déploiement dynamique dans un monde en spirale. Par la souplesse du trait, l’alternance musicale des tons chauds, des tons froids, il vise à l’épanouissement du trait.
Rebelle aux modes, aux règles imposées du dehors, il peint à pleine pâte, il risque, au cœur du réel, un monde imaginaire, personnel. Son désir est de nous inciter à « dépasser la matérialité des contours », à pénétrer la face voilée des choses. Parfois, le tracé enveloppe si bien les formes qu’elles semblent baigner dans le flux amniotique, originel.